"Cette nouvelle édition de la Gamelle Trophy se présente sous les meilleurs auspices ce 27 septembre. Météo très favorable, physique au top et un placement en première ligne (palmarès oblige !).
Je suis très concentré, dans l'attente du départ. Au signal, je m'élance à fond et distance rapidement mes adversaires. 10, 20, 50, 100 mètres. J'appuie encore. Je me retourne : personne en vue.
Je ne relâche pas mon effort, les jambes tournent comme des bielles, avec aisance. Les kilomètres défilent, sans que le moindre poursuivant ne parvienne à me rejoindre. Et je continue ainsi ma
progression inexorable vers la victoire..."
"Les photos parlent d'elles-mêmes. Dingue non ?"
Complètement ouf oui ! La réalité est bien moins glorieuse. Certes il fait beau, certes je suis bel et bien en première ligne (mais par le plus pur des hasards), certes je prends un départ canon,
certes je me retrouve tout seul pendant quelques centaines de mètres. Mais avec un physique pas plus au top que d'habitude, je lâche forcément prise et suis rejoint au bout de quelques minutes. A
partir du km 30 environ, le "champion-dans-ses-rêves" se déballonne et poursuit son chemin cahin-caha, perclus de crampes...
Les 20-25 premiers kilomètres s'enchaînent pourtant à un bon ryhme sur cette première partie assez roulante. Je suis pris dans le rythme en sachant que je roule au dessus de mes
moyens, vu la distance. Mais au moins (et c'étais mon objectif), j'ai évité la poussière et les bouchons. Et puis, je sens une baisse de forme arriver, fatigue, baillements, plus d'énergie, les
jambes n'assurent plus. Je mets pied à terre dans une côte vers le km 30. Quelques kilomètres plus loin, les premières crampes font leur apparition. Elles ne me lâcheront plus jusqu'à
la fin. Dès que ça monte, aïe, les revoilà. Je suis obligé de mouliner pour les faire passer mais je perds des places. De temps à autre toutefois, la forme revient et je refais un peu mon retard.
J'arrive à
regagner six places juste à la fin (y'a pas de petits profits !) : dans le dernier mur avant l'arrivée, où je double trois gars à pied (l'un d'eux m'encourage, sympa), et trois
autres dans les derniers pif-paf en sous-bois. Dans un sursaut d'énergie et pour ne pas qu'ils me reprennent (j'en ai senti un un peu énervé), je finis à fond jusqu'à la ligne d'arrivée, sur
la plaque comme au départ, 4 h 17 plus tôt...
Sur 850 concurrents à prendre le départ, je termine à la 317ème place au scratch (91ème/151 en master 2) : le résultat n'est malgré tout pas trop décevant.
Une "galtouse" bien physique cette année, donc, avec un nombre d'abandons ou de non-classés impressionnant, de l'ordre de 250. Et pourtant une superbe édition... comme d'habitude,
pourrais-je ajouter, tant il vrai que je n'ai jamais été déçu par cette épreuve. Même si la réalité est assez éloignée de mes rêves...
[crédits photos : Tourisme et Aventure]
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