Un grand bravo à nos deux coureurs, Julien Absalon et Jean-Christophe Péraud. Bravo pour leurs performances et les émotions qu'ils nous ont procurées ; bravo pour le bien qu'ils font à notre
sport en le mettant ainsi à l'honneur.
On pouvait s'attendre au pire concernant
le parcours et les conditions de course. S'agissant de la
pollution atmosphérique, on sait par quels artifices elle a été temporairement jugulée (restrictions de circulation, fermetures d'usines...). On sait aussi que l'environnement de l'épreuve était
bien éloigné des sites naturels dans lesquels nos champions ont l'habitude d'évoluer. Et pourtant, tout artificiel qu'il fut avec ses rondins de bois et cailloux rapportés, le parcours
faisait finalement assez "vrai", avec du dénivelé et des passages techniques que l'on a peu l'habitude de voir à ce niveau de compétition. Reconnaissons enfin aux Chinois la qualité
de leur retransmission TV, avec une couverture parfaite du terrain, depuis le sol ou dans les airs (il m'a même semblé qu'une caméra était montée sur rail pour suivre les coureurs
dans une descente).
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En matière de commentaires, nous avons également été gâtés ! Alors bien sûr, on pourra dire que ce n'est pas évident de tenir l'antenne pendant deux heures pour un spécialiste du guidon
tordu et une spécialiste de VTT, le premier ne connaissant pas grand chose à la discipline commentée et la deuxième étant plus à son aise sur un vélo que devant un micro ("
Il est
bien, là, Jean-Christophe, il suffit d'y croire dans la tête"). Mais quand même, avec eux on atteint des sommets !
Fidèle à lui-même, Jean-René Godart a confondu les
coureurs ("
voici Absalon, à droite de votre écran, suivi de Ravanel"-"Non, c'est Péraud"). Il n'a pas bien relu ses fiches ("
rappelons, Laurence, qu'il n'y a qu'un poste de
dépannage"-"
non, deux"). Il a fait des références à la route ("
28 % de dénivelé ? Rôôô ! Sur la route, avec 11 %, on dit déjà que c'est terrible"), il a montré qu'il
connaissait du beau monde ("
j'en parlais à M. Philippe Séguin, aujourd'hui président de la Cour des Comptes : avec Julien Absalon, vous êtes les deux grands ambassadeurs des Vosges
!"). Il connait bien Mme Absalon aussi (Emilie, la "
jeune et sympa et jolie épouse", présidente du fan-club de Julien, Emilie qui a conseillé à Julien d'aller s'entraîner au
Canada, Emilie qui est allée se poster dans les bois pour encourager son Julien de mari, Emilie avec qui était Jean-René avant la course lorsqu'il a vu que Sauser portait un pansement, Emilie par
ci, Emilie par là...). Il connaît bien le village natal de Julien, même s'il a parlé de "
Raon-les-Bois" durant toute la retransmission, au lieu de "
Raon-aux-Bois". Le pro du
commentaire, c'est pourtant Godart (
Laurence, on ne dit pas "Julien", "Jean-Christophe" ; il faut dire aussi les noms, pour que les téléspectateurs comprennent). Il a prouvé qu'il
connaissait bien la géopolitique (mésentente dans le groupe des poursuivants Suisses ? "
Les Suisses ne s'entendent pas" dit Laurence.
"Eh oui, on sait déjà que la confédération
Helvètique est faite de plusieurs composantes et qu'entre les Suisses allemands et les Suisses italiens, par exemple, ce n'est pas le grand amour"... cherchez le rapport). Il a bien rigolé de
l'expression "
coups de cul" de Leboucher mais n'était pas d'accord avec elle sur les raisons de la présence à terre de tel coureur ("
une panne moteur" selon
Leboucher, "
une chute" selon Godart, "p
anne moteur !", "c
hute !
j'ai vu qu'il se tenait le bras"...). Et malgré ce désaccord, pas rancunier et plutôt
flagorneur : "
Laurence, vous avez été une consultante remarquable".
Quant au final, du Jean-René pur jus, éructant dans son micro ("
ex-tra-or-di-naire !").
Là où j'ai quand même un peu moins rigolé, c'est quand le concurrent du Zimbabwe a crevé. On a eu droit chez nos deux commentateurs à des ricanements d'assez mauvais goût : "
Hou
la la, vous avez vu ? c'est notre ami du Zimbabwe... Antipass Kwari... hé hé ! Il était pas au mieux l'artiste, ha ha !" Deuxième crevaison (mais aucun des deux spécialistes n'a
encore remarqué la roue arrière à plat, voyant juste un pauvre type poussant son vélo : "
hou là, c'est encore notre ami du Zimbabwé, ho ho ho ! ça va vraiment pas !
Je
pense que pour lui, c'est vraiment trop dur comme parcours ". Certes, l'artiste en question est un parfait inconnu qui s'entraîne dans la brousse sur des pistes d'éléphants (
source), mais il est quand même champion dans son pays et en
Afrique, sélectionné olympique de surcroît ! Je ne crois pas me tromper en disant que s'il avait eu à l'interviewer, JR aurait tutoyé son nouvel "ami"...
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Le coureur du Zimbabwe, Antipass Kwari, malchanceux n° 47
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C'est vous qui le dites